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Andrzej Sapkowski demande de l'argent à CD Projekt RED

par Caparzo 02 Oct 2018 14:55 29

Les histoires d'amour ne durent pas et lorsqu'il y a de l'argent à la clef, ces relations finissent toute par s'évaporer aussi rapidement qu'un château de sable pris en pleine tempête. Il y a quelques années, Andrzej Sapkowski que nous connaissons pour être l'auteur des bouquins The Witcher, nous avait fait savoir qu'il avait bien mal négocié la vente des droits de cette licence.

Intéressé par l'agent facile — probablement — l'auteur à succès avait en effet préféré récupérer immédiatement l'argent de la vente des droits au lieu de toucher des royalties sur la durée. Son désintérêt plus que flagrant pour les jeux vidéo ne l'avait certainement pas non plus aidé à prendre une décision rationnelle à ce niveau-là. Depuis le succès retentissant des jeux The Witcher, le bougre semble posséder un goût particulièrement amer dans la bouche et souhaite que les choses changent.

C'est sur Eurogamer.net ainsi que sur le site officiel du studio que nous pouvons apprendre qu'Andrzej demande près de 60 millions de złotys (14 millions d'euros) à CD Projekt RED. Selon l'avocat de l'auteur, les développeurs polonais ont signé à l'époque un contrat seulement pour le tout premier opus et non pour les autres jeux de la série ainsi que ses extensions. Il termine en précisant que tout ceci est illégal.

N'étant pas un expert en droit, je ne vais pas plus m'étendre sur le sujet puisqu'il est difficile de dire qui dans l'histoire a raison, ou tort, et qui possède une vraie légitimité. Quoi qu'il en soit, j'espère que ce cher Andrzej Sapkowski a consulté ses avocats avant de vendre les droits de The Witcher à Netflix.

Commentaires (29)

#2

cabfe
Seigneur

Si effectivement CDProjekt n'avait les droits que pour le 1er jeu, ils sont mal.
#3

Omega
Citoyen

C'est comme voir papa et maman se chamailler
#4

herbert1980
Villageois

C'est comme voir papa et maman se chamailler


Si c'est juste se chamailler sa va...C'est mieux que de voir papa dans maman
#5

Nayto
Garde

Il faut savoir que Sapkowski, malgré sa paternité d'un formidable univers, apparaît le plus souvent dans ses interventions comme un vieillard aigri et terriblement arrogant (l'auteur de la série Metro le considère d'ailleurs comme un "connard arrogant"). Il estime que le jeu vidéo est un média marginal et totalement inadapté à la narration, et il se refuse même à concevoir que CD Projekt Red aient pu d'une quelconque manière participer à la notoriété de son œuvre à l'international (alors que c'est évidemment le cas).

Enfin, il faut garder en tête que, malgré un contexte de l'époque totalement différent de celui d'aujourd'hui, ce sont bien les gars de CD Projekt Red qui ont pris tous les risques pour financer et adapter la série The Witcher. Tout le mérite leur revient.
#6

Percival
Garde royal

Je ne suis pas non plus dans le droit mais je pense que puisque M. Sapkowski est à l'origine du monde du sorceleur, c'est normal qu'il touche des droits d'auteur pour chacun des médias utilisant la licence. Maintenant, si M. Sapkowski a du succès dans le monde entier, c'est quand même grâce à CD Projekt RED.
#7

Shaam
Grand chevalier

Non tout le mérite ne revient pas a CDpro, quand tu crée un univers de A a Z même si t'es un gros con (je pense que c'est un gros con) on te doit un minimum de respect due a ton oeuvre, même si on est l'instrument de sa visibilité ou de son succes.

Les bouquins était déjà édité en France bien avant la sortie du JV, d'autant que c'est surtout le 3ieme opus de la saga qui a fait connaitre la série au grand public.
#8

Nayto
Garde

Les bouquins était déjà édité en France bien avant la sortie du JV, d'autant que c'est surtout le 3ieme opus de la saga qui a fait connaitre la série au grand public.


Sa notoriété à l'international a explosé avec le succès des jeux, c'est un fait. Il était très populaire en Pologne, beaucoup moins dans le reste de l'Europe. Énormément de licences sont acquises par les éditeurs pour garnir les catalogues, ça ne veut pas dire qu'ils sont tous des auteurs de renommée mondiale.

D'ailleurs, dans le courant de cette année, il a annoncé être en train d'écrire un nouvel opus à propos du sorceleur Geralt. Qui peut douter que ce soit en partie motivé par l'énorme visibilité procurée par Wild Hunt ?
#9

Abitbol38
Villageois


Éternelle rivalité entre le compositeur et l’interprète, il faudrait être aveugle pour nier que CD Pro a fait preuve de créativité et être aveugle aussi pour ne pas reconnaître qu'ils ont été bien aidé par la richesse du support.

Cette histoire c'est du win win pis il y en a un qui trouve qu'il a pas assez win.

Manquerait plus qu'une amende combinée a un ratage de cyberpunk ne vienne couler le studio et le gros pingre se retrouvera avec une créance insolvable, aboutissant au loose loose apothéositique.

Il y a eu des précédents, pour le film "Les Visiteurs" il y a eu une embrouille entre la production et Valerie Lemercier qui réclamait un bout de gâteau alors qu'elle avait rien signé sur les royalties, ils l'ont envoyé paître pensant sans doute qu'elle était remplaçable, du coup elle s'est barrée et les suites ont été un naufrage parce que son talent manquait cruellement.

Les vautours sont aveugles et le destin des avares est de mourir de faim sur leur tas d'or.
#10

Inny
Guerrier

Attention aux faux amis en anglais, to demand = exiger, pas demander.
#11

DEXTER987
Garde

Il droit y avoir toutes une batterie d'avocats tourbillionnat comme des insectes autour.
L'aime bien ce qu"il a fait mais je pense comme ça aussi
(l'auteur de la série Metro le considère d'ailleurs comme un "connard arrogant")
sans ses jeux je n'aurais jamais connue ces bouquins, c'est lamentable comme reaction!

Les vautours sont aveugles et le destin des avares est de mourir de faim sur leur tas d'or.
L'avarice et le meilleur example étant le président Americain actuelle et tous ceux qui dans son pays vehicule se mode de pensé "d'attardé profond".

Message édité pour la dernière fois le : 03/10/2018 à 04:19

#12

MonsieurP
Villageois

Ah sacré Andrzej ! Ça dit que les jeux vidéos c'est pour les gamins et que c'est de la merde mais quand il voit que cette "merde" a rapporté énormément de pognon, celui-ci arrive au galot tel Zorro
#13

Armancia
Chevalier

Mwé enfin dans mes souvenirs c'est quelque chose comme 8000 euros le coût de la transaction entre l'auteur et CD sur la licence The Witcher. Autant dire que c'est une brindille...
Indépendamment du caractère minable de l'auteur, l'accord est déséquilibré, après TW1.

Vu le pognon généré, c'était couru d'avance que ça poserait des problèmes juridiques et financiers, je suis d'ailleurs surpris que ça n'éclate qu'en 2018.

Après TW1 voir TW2 CDP aurait eu tout à gagner à rappeler l'auteur à la table des négociations pour revaloriser le contrat et éviter un procès derrière.
#14

cabfe
Seigneur

Déséquilibré ou pas, un accord est un accord.
Le succès de l'opération (et son risque) ne concernent plus celui qui cède ses droits.
S'il est dégoûté de les avoir cédés pour 8000 euros seulement, c'est son problème.
Inversement, demander des millions pour une licence quasi inconnue n'aurait pas trouvé preneur et n'aurait rien rapporté.
#15

Abitbol38
Villageois

S'il est dégoûté de les avoir cédés pour 8000 euros seulement, c'est son problème.
Inversement, demander des millions pour une licence quasi inconnue n'aurait pas trouvé preneur et n'aurait rien rapporté.


C'est la beauté du libéralisme.

Il y a bien des lois qui interdisent de détruire un château ancien même si c'est une propriété privée, on pourrait imaginer des mécanismes moins brutaux et définitifs pour ce qui est des "droits d'auteurs".

En tous cas ça montre bien que Andrej n'y connait rien au monde du jeu vidéo il leur aurait fait une License façon unity engine avec prix très faible au départ et royalties en cas de succès...

Message édité pour la dernière fois le : 03/10/2018 à 15:11

#16

cabfe
Seigneur

Libéralisme si tu veux, c'est un contrat.

Celui qui achète des matières premières pour vendre un produit fini hors de prix, c'est la même chose.
Le vendeur de matière première n'a pas son mot à dire après la vente et heureusement, ce serait un joyeux foutoir et un frein total à l'innovation.
#17

Gaek_Shao
Guerrier

Pour avoir l'occasion de vendre des équipements avec des matières "à la con", notre prix peut évoluer sévèrement si jamais une hausse trop importante se présente.

Par exemple, un réservoir avec un alliage spécial peut voir son prix prendre 30 à 50%. Du coup, le client aura une partie de l'impact de la hausse.

Mais je suis H.S.

D'ailleurs pour Andrej, il me semble avoir lu un truc comme ça. Si un contrat est passé et que la valeur marchande a été sous évalué, il peut y avoir une remise à plat. Mais je ne suis pas spécialiste.
#18

Caldanath
Gobelin

Rappelons quand même qu'à l'époque, CD Projekt lui avait proposé les royalties en pourcentage sur les ventes et en fonction des profits mais qu'il a refusé tout net en leur demandant l'argent tout de suite.

#19

cabfe
Seigneur

Rappelons quand même qu'à l'époque, CD Projekt lui avait proposé les royalties en pourcentage sur les ventes et en fonction des profits mais qu'il a refusé tout net en leur demandant l'argent tout de suite.

Et qu'il a failli avoir raison.

Quand on regarde les prototypes de Witcher 1, ça a failli ne rester dans l'Histoire que comme un énième nanard des pays de l'Est.
#20

blitosaure
Citoyen

L'anti George Lucas n'a pas eu de flair en préférant le chèque aux royalties. J'ai envie de dire "c'est le jeu ma pauvre lucette" mais je comprends la notion d'écart trop important entre le prix payé et la valorisation de l'œuvre.

CD Projekt aurait gagné à proposer un truc honorable sans être excessif car je suis convaincu que les ventes des livres ont explosé grâce au succès du jeu, ce qui est aussi un moyen pour l'auteur de retomber sur ses pattes.
#21

Armancia
Chevalier

Déséquilibré ou pas, un accord est un accord.
Le succès de l'opération (et son risque) ne concernent plus celui qui cède ses droits.
S'il est dégoûté de les avoir cédés pour 8000 euros seulement, c'est son problème.
Inversement, demander des millions pour une licence quasi inconnue n'aurait pas trouvé preneur et n'aurait rien rapporté.


Je n'irai pas me prononcer sur le droit Polonais.
Mais en France entre la lésion des 7/12 ème sur les ventes d'immeubles, et la jurisprudence qui te recadre les contrats pour de la force majeure ou un changement des conditions d'exercice, tu serais surpris des changements que l'on peut y apporter...

Bref le mythe de l'accord signé, sur lequel nul ne peut revenir en prend un coup. Et c'est la même chose en Angleterre en Allemagne et aux USA.

#22

cabfe
Seigneur

@Armancia : 8000 euros, c'est pas un accord déséquilibré. C'est ce que ça valait à l'époque pour une licence que presque personne ne connaissait en dehors de la Pologne. C'est signé, validé et pas suspect pour un kopeck. Nulle question de mythe, c'est du concret.
Si CD Projekt en a fait une machine à millions, c'est plus tard. Trop tard pour le contrat.

Message édité pour la dernière fois le : 03/10/2018 à 21:17

#23

pibola
Garde

La question clé c'est : le contrat a t-il été signé pour 1 jeu unique ? Si c'est le cas, l'auteur est dans son droit. Après, tout dépend de la manière dont est rédigé le contrat (explicite ou soumise à interprétation).
#24

cabfe
Seigneur

Il semblerait également que, selon le droit polonais, une trop grande disparité entre le montant du contrat et les revenus acquis grâce à l'exploitation de la licence achetée permet de renégocier ledit contrat.
Ceci afin d'éviter des actions malhonnêtes d'éditeurs qui achèteraient pour une bouchée de pain des licences en profitant d'auteurs en situation de faiblesse, par exemple.
J'imagine déjà des batailles d'avocats à ce sujet...

Ajouté au fait que le contrat pourrait ne concerner que le 1er jeu, ça sent pas bon pour CD Projekt.
#25

Rosen
Garde

Autre point qui n'a pas été évoqué. Durant la sortie de The Witcher II, CDProject a proposé à l'auteur un intéressement aux bénéfices. On est donc en plus au delà de la problematique de l'accord autours du premier jeu.

Celui ci a refusé.

The Witcher III a tout explosé, c'est une bombe culturelle au sens propre en s'imposant comme un incontournable, et donc l'auteur s'en mord forcement les doigts.

Mais bon, quand on prends des mauvaises décisions en bizness, faut savoir les assumer.




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