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Crossing Souls

par Caparzo 07 Mar 2018 10:00 1

Quand le pixel art s'entrechoque avec la culture populaire, des titres comme Crossing Souls font leur apparition. Présenté pour la toute première fois en 2014, celui-ci s’était fait connaître en s’affichant comme un RPG. Notre preview datant de la Gamescom 2017 allait également dans ce sens. Il était donc tout à fait normal d’en parler et d’écrire un test, mais le résultat est quelque peu déroutant.


Un passé bien trop présent

 

La culture populaire surfant sur la nostalgie n’a jamais tenu une aussi grande place qu’à notre époque, pour le meilleur et pour le pire. Depuis maintenant quelques années, nous pouvons effectivement voir débarquer sur nos écrans des films et des séries jouant le rôle de madeleines de Proust. Le téléspectateur est ici abreuvé de références lui rappelant son enfance ou, pire, un idéal d’une époque qu'il ne semble pas avoir connu. Une vision fantasmée des années 80 est ici au cœur de cette nostalgie envahissant de plus en plus l’imaginaire des gens. Il faut bien avouer que cette décennie a marqué un tournant en matière d’imagerie populaire grâce à la télévision et à la publicité désormais parfaitement à son aise sur le petit écran. Il est toutefois difficile de reconnaître réellement à qui s’adresse cette nostalgie et s’il est judicieux de la faire passer via des vecteurs modernes ; des jeux comme Life is Strange ont effectivement prouvé qu’il était facile de créer un décalage de ton en mettant en avant une jeunesse de notre époque n’ayant à la bouche que des références d’une période passée. Heureusement, tout redevient bien plus cohérent en replaçant tout ceci dans son contexte.

 

  

Une phase de jeu façon beat'em all et l'introduction.



Cette époque a marqué les esprits grâce à ses films à la mise en scène et au code couleur atypiques – avec par exemple des nuits au bleu omniprésent – dans lesquels nous pouvions souvent trouver des bandes de gamins. Des codes redondants étaient alors appliqués, comme le fait de devoir utiliser des talkies-walkies pour communiquer, d’enfourcher des BMX pour partir à l’aventure et bien évidemment de vivre des histoires hors du commun. Des œuvres comme Stranger Things ou bien encore Super 8 ont parfaitement su recréer cet imaginaire tout en le laissant dans les années 80 pour ne pas avoir un tel décalage narratif. Le jeu vidéo n’y échappe bien évidemment pas, et depuis maintenant quelques années nous pouvons découvrir de nombreux titres utilisant l’ensemble ou une partie de tous ces codes. D’autres en profitent tout simplement pour surfer sur cette mode en proposant des trailers de type VHS avec les synthétiseurs adéquats, alors que ces jeux ne proposent en eux-mêmes aucune référence directe à cette décennie. Vous l’aurez compris, il est désormais difficile de passer à côté de cette avalanche de culture populaire et Crossing Souls nage en plein dedans. Toutefois et pour nuancer mes propos à son sujet, les développeurs Espagnols des chez Fourattic semblent y avoir intégré tout leur amour, mais pas toujours de la meilleure des façons.

 

La Californie, 1986

 

Avant de commencer réellement ce test, je me devais de mettre les choses au clair. Bien que sa présentation de 2014 faisait référence au RPG, Crossing Souls n’en est plus vraiment un, voire même plus du tout. Tout au long du jeu, j’ai attendu patiemment que de nouvelles mécaniques de gameplay ajoutant des éléments de notre style préféré fassent leur apparition, mais bien que les nouveautés furent bel et bien présentes, aucune n’est venues bouleverser ce sentiment de désespoir qui m’a tiraillé dès le commencement. Crossing Souls n’est pas un RPG, ni un Action-RPG, et ne propose même pas des fonctions pouvant nous rappeler de près ou de loin les jeux de rôle. Mais alors, pourquoi le tester, me direz-vous ? Eh bien tout simplement pour vous avertir que vous n’y trouverez pas votre compte si vous cherchez un RPG se déroulant dans les années 80. Malgré tout, Crossing Souls n’est pas dénué d’intérêt, et au lieu de prodiguer un simple avertissement, jetons un œil un peu plus dans le détail sur ce qu’il a à nous proposer.

L’histoire débute dans une banlieue américaine typique si chère au cinéma de Steven Spielberg. Dès les premières minutes de jeu, celui-ci nous écrase déjà sous de nombreuses références qui devraient en réjouir plus d’un. Réveillé au saut du lit, le héros portant le nom de Chris profite effectivement de son talkie-walkie pour communiquer avec son petit frère casse-pied Kévin qui, semble-t-il, a fait une trouvaille pas banale. Cette aventure qui ne s’annonce pas bien folichonne pour le personnage principal va rapidement se transformer en une sorte de grand guignol comme savaient le proposer les dessins animés des années 80 ou 90. Le scénario est-ce qu’il est, c’est-à-dire un ensemble de situations n’ayant ni queue ni tête, mais le fond n’est toutefois pas déplaisant puisqu’il est tout de même ici question de vie, de mort, et de ce qui se trouve dans l’au-delà.

 

  

Une quête "secondaire" réussie" — l'une des seules — et une cinématique.

 

La première chose qu’il est facile de remarquer dès que nous obtenons le contrôle de ce premier personnage, c’est la direction artistique. Celle-ci utilise en effet un pixel art agréable à l'œil arrivant à mettre parfaitement en valeur toute la fameuse imagerie susnommée. Tout n’est cependant pas parfait à ce niveau-là, surtout lorsqu’il est question de perspective et de plateformes, mais j’y reviendrai lorsque j’évoquerai plus en détail le gameplay. La première partie de Crossing Souls se déroule donc dans une ville californienne divisée en plusieurs zones dans lesquelles nous pouvons nous déplacer librement. Il est effectivement possible de rentrer chez quelques voisins, leur parler, découvrir des situations loufoques qui sont encore une fois le bon moyen de sortir quelques références, mais aussi de participer à des quêtes secondaires. Oui, vous ne rêvez pas, même si j’affirmais le contraire un peu plus haut en ce qui concerne les mécaniques RPG, mais n'espérez pas trop longtemps. Le centre ville nous permet de découvrir de multiples lieux comme le cinéma, un café, une salle d’arcade ou bien encore une école. C’est ici que nous pouvons admirer l’ambition de base des développeurs, laquelle n’est malheureusement pas allée plus loin que sur le papier.

Cette première partie de Crossing Souls nous donne effectivement l’illusion que nous allons pouvoir effectuer des choix, participer à de multiples quêtes, aller et revenir à notre guise dans des lieux déjà visités, et c’est d’ailleurs sur cette idée-là que j’avais écris ma preview se reposant sur cette première partie, mais il n’en est rien. L’une des deux ou trois quêtes disponibles nous fait par exemple aller tuer des rats dans un sous-sol, certainement une référence aux quêtes initiatiques dans les jeux de rôle, mais c’est tout. Il sera avant tout question de parcourir cet environnement pour retrouver nos compagnons d’infortune avant de continuer l’histoire de manière linéaire. Dommage, il aurait été en effet bien plus ambitieux de s’appuyer réellement sur le RPG pour donner bien plus de profondeur à ce monde.

 

Banga, en route pour l'aventure !

 

S’il est décevant sur ce point, Crossing Souls se rattrape énormément sur les missions que nous allons pouvoir effectuer tout au long jeu, mais aussi sur ses personnages ayant tous un caractère marquant, bien que très caricatural. Le jeu nous propose d’incarner jusqu’à cinq personnages possédant leurs propres caractéristiques, qu'il sera bien entendu impossible de faire évoluer. Chris – le héros – pourra par exemple utiliser sa batte de baseball et profiter de sa capacité à effectuer des sauts et de l’escalade pour passer des obstacles. Big Joe peut quant à lui se contenter de ses gros bras pour distribuer de manière frénétique des bourres-pifs. Il en va de même pour Charlie, Kévin et Matt qui possèdent à leur tour leurs caractéristiques. Toutefois, vous ne pourrez ici en contrôler qu’un seul en fois, tout en ayant la possibilité de passer de l’un à l’autre à tout moment. Parfois, vous le ferez pour épargner la vie d’un personnage ou bien pour lui laisser reprendre son souffle, mais d’autres fois vous serez obligé d’en changer pour atteindre une plateforme bien trop lointaine ou pour encaisser plus facilement les dégâts d’un combat.

 

  

Une référence bien appuyée comme trop souvent et la carte de la ville qui ne servira qu'au début.

 

Les différents environnements que notre bande traverse se montrent ici très variés, en allant du cimetière hanté à l’ancien village du far west, tout en passant par des ruines d’une civilisation inconnue. C’est l’occasion pour le joueur de participer à quelques énigmes assez simplistes, mais pas forcément très bien expliquées, mais aussi de combattre des ennemis pouvant prendre la forme de créatures appartenant à l’au-delà ou celle de méchants robots, ou bien de s’essayer à des phases plateforme. Cette dernière activité n’est pas forcément la plus agréable à effectuer puisque la caméra et le style visuel n’aident pas le joueur à se repérer convenablement dans l'environnement. Si nous ajoutons à cela l’impossibilité de sauvegarder à tout moment, le joueur devant attendre la bonne volonté des développeurs qui ont eu la sagesse de placer des points de sauvegardes très loin après une séquence de plateforme, alors ce ne sont clairement pas les phases les plus réussies de Crossing Souls. Mon regard se tourne surtout sur les deux derniers chapitres du jeu qui sont une purge à ce niveau-là. Le manque d’inspiration de Fourattic se fait d’ailleurs terriblement sentir sur la fin.

Une dernière mécanique s’appuyant sur l’histoire du jeu est également disponible. Depuis le début de ce test, je fais souvent référence à l’au-delà : Chris et ses ami(e)s ont effectivement mis au point un appareil à l’aide d’une pierre magique leur permettant de voir les âmes errantes des morts, anciennes ou récentes. Vous pourrez leur parler pour en apprendre plus sur l’histoire d’un lieu, mais aussi les combattre. Vous ferez également équipe avec une ou plusieurs de ces âmes – vous permettant au passage de pouvoir passer à travers les portes, et seulement les portes. Il existe certainement un code de conduite empêchant aux fantômes de se déplacer à travers les murs. Finalement, et puisqu’il est de bon ton de varier un peu le gameplay, vous pourrez profiter de mini-jeux faisant leur apparition dans la majorité du temps en fin de chapitre. Crossing Souls en contient d’ailleurs huit. Ces séquences sont l’occasion pour nous de participer à des passages reprenant du gameplay tel que nous pouvions le connaître dans les années 80, comme le beat’em all et ses punks et son scrolling horizontal, du shoot’em up pas forcément très bien réalisé, ou bien une séquence où nous devrons éviter des obstacles tout en étant sur un vélo. Ce n’est pas déplaisant, mais la pause qui aurait dû être sympathique devient souvent irritante à cause d’un gameplay pas très bien maîtrisé.

 

Crossing Souls n’est pas un RPG, mais un jeu d’aventure essayant de rendre hommage à différents styles de jeux et à la culture populaire des années 80. Si cet hommage est en grande partie très réussi – bien que trop souvent appuyé en nous criant dessus « mange mes références en pleine face » –, le gameplay est quant à lui bien plus problématique. Le titre de Fourattic essaye de trop en faire, tentant d’émuler tant bien que mal des titres qui y arrivaient quant à eux à la perfection. L’aventure n’est cependant pas déplaisante, et il est agréable de suivre cette bande de gamins à l’humour parfois réussi dans cette histoire rocambolesque que ne renierait pas un certain Denver, le dernier dinosaure. Des cinématiques dessinées à la main reprenant le style visuel de ce dessin animé sont d’ailleurs présentes dans le jeu, bien trop courtes pour être appréciées à leur juste valeur.

 

LES PLUS
  • Une ambiance réussie
  • Des personnages attachants
  • Des environnements variés
  • Une musique bien dans le ton
LES MOINS
  • Un gameplay manquant de précision
  • Trop de références
  • Les derniers niveaux usants
  • Une histoire qui ne vole pas haut
  • Ce n'est pas un RPG

6/10

Commentaire (1)

#2

vault4ever
Citoyen

A trop vouloir en faire.....




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